08 lipca 2014
Nikiszowiec et Giszowiec
​​​En 2011, grâce aux efforts du maire de Katowice, la cité historique de Nikiszowiec a été inscrite sur la liste des Monuments Historiques. Ce statut est attribué aux bâtiments ayant une valeur historique unique et une importance particuliere pour le pat
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En 2011, grâce aux efforts du maire de Katowice, la cité historique de Nikiszowiec a été inscrite sur la liste des Monuments Historiques. Ce statut est attribué aux bâtiments ayant une valeur historique unique et une importance particuliere pour le patrimoine culturel polonais. Il s'agit d'une distinction unique dans le pays car seulement 48 figurent sur cette liste. Deux d'entre eux se trouvent a Katowice en plus de Nikiszowiec figure également le bâtiment du Parlement de Silésie. 
Dans l'ensemble de la Silésie, il y a environ deux cents cités ouvrières, construites par l'industrie pour leurs employés. Peu d'entre elles, cependant, présente un tel standing, une architecture aussi sophistiquée et une telle fougue de solutions urbaines que celle de Nikiszowiec a Katowice. Ses concepteurs, Emil Georg et Zillmann, ont créé ici une ville presque autonome, ou a proximité des bâtiments résidentiels se trouvaient une église, un hôpital, une école, un jardin d'enfants, des boutiques, un bar, et meme une blanchisserie et un atelier photographique. Les résidents habitant des appartements confortables et spacieux pouvaient profiter de toutes les réalisations de la civilisation de l'époque, tels que l'électricité, l'eau courante ou les canalisations, et dans quelques bâtiments encore était installé le chauffage central. Nikiszowiec a aussi eu la chance de survivre aux tempetes du 20eme siecle, pratiquement sans aucun dommage majeur, ce qui permet de pouvoir profiter des bâtiments originaux presque inchangés. 
En complément a cette architecture intéressante, les gens ne sont pas moins intéressants – ce sont les habitants du quartier qui ont créé l'atmosphère​ unique de cette cité! Nikiszowiec demeure a ce jour un endroit ou dans la rue il est possible d'entendre le dialecte silésien, de nombreux habitants vivent ici depuis des générations, et le travail dans la mine voisine rythme toujours la vie de nombreuses familles. Il suffit d'entrer par exemple dans l'atelier photographique Niesporek qui appartient a la meme famille de façon continue depuis 1919 pour entendre plus d'une anecdote intéressante sur le passé de la cité. Nikiszowiec est le meilleur endroit pour faire connaissance avec l'atmosphère de l'ancienne Silésie. 
En 1902 l'urbaniste britannique Ebenezer Howard publia le livre „Cités-Jardins de demain”, dans lequel il présenta le concept de la conception rationnelle de cités de banlieue pleines de verdure et agréables pour ses habitants comme  remede aux problemes sociaux des grandes métropoles d'Europe occidentale en pleine expension. L'idée se diffusa largement, et l'un de ceux qui s'y intéressa fut Anton Uthemann, directeur du groupe Georg von Giesche’s Erben. Grâce a lui, la cité de Giszowiec alors en pleine émergence fut construite sur un modele s'inspirant de la pensée de Howard. Ce ne fut pas la seule source d'inspiration. Les créateurs de la cité, les cousins Emil et Georg Zillman, étaient également attachés a l'architecture traditionnelle de la région, en concevant des maisons, dont l'apparence (par exemple la forme des toits, la disposition des fenetres), rappelle les chalets ruraux qu'il est possible de rencontrer dans les villages de Haute-Silésie. De cette façon, les résidents ont pu se sentir plus a l'aise .
Le territoire actuel de Giszowiec et Nikiszowiec appartenait autrefois a la commune de Janów et était couvert de vastes forets. XIXème siècle y furent d couverts des filons riches en charbon,​le groupe Georg von Giesche’s Erben commença a acheter progressivement les terrains qui s'y trouvaient et lança l'expoitation de puits suivants. Le plus grand investissement fut l'élargissement du puits Carmer dans les premieres années du XXeme siecle. Il fut alors nécessaire de faire venir un tres grand nombre de nouveauxemployés​ et donc de leur fournir un logement  convenable.En premier fut créée la cité de Giszowiec. Initialement ​était ​envisagé la construction de bâtiment de plusieurs​ étages, cependant il aurait fallu utiliser des techniques beaucoup plus cheres dans la construction des maisons, et également dans l'exploitation ​du charbon, dont les filons se trouvaient exactement en dessous de la cité en cons​truction​.C'est pourquoi il a été finalement décidé de construire en majorité des maisons de plain-pied ou avec un étage. On envisagea par contre de connstruire une plus grande cité de type urbaine un peu plus loin entre les puits de Nikisch et ​Carmer le premier d'entre eux a donné son nom a toute la cité. ​​
Furent engagés pour ce but deux jeunes architectes de Charlottenburg en périphérie de Berlin - Emil et Georg Zillmann. Cela en soi était une rareté. En général, les maisons ouvrieres sont constituées sur la base d'un projet du bureau de construction du bureau de la mine et n'étaient pas signées de la main d'un architecte.Devant les cousins Zillmann se dressait une tâche difficile. A cette époque était en vigueur une loi du parlement prussien, qui réglementait la construction de nouveaux lotissements, et qui imposait aux investisseurs des normes de construction, sanitaires, sociales (par exemple, la nécessité de relier les logements a l'égout. Les préoccupations du groupe Giesche dépassaient largement les exigences de la loi, ce qui donna a la création de la cité une architecture de qualité extraordinaire, offrant un niveau de vie tres élevé a cette époque a ses habitants.Ceci peut etre vu comme un type d'investissement de groupe pour son personne​l tres progressiste ​sur les ressources hu​maines.

La construction de Giszowiec eut lieu dans les années 1906-1910. Des maisons furent construites pour 600 familles d'ouvriers et 36 familles d'employés de bureau, et également 5 dortoirs pour les travailleurs célibataires. Tous les bâtiments étaient électrifiés, et l'eau était tirée de pompes situées le long de la rue tous les 100 métres. Les mineurs avaient a leur disposition des jardins familiaux assez grands. Autour de la place centrale „Pod Lipami (sous les tilleuls)” se trouvaient des commerces, 3 écoles, une auberge avec une salle de théâtre ainsi qu'une maison forestiere. 

Nikiszowiec fut construit un peu plus tard. Les travaux commencerent en 1908, et en 1915 la plupart des habitations étaient pretes. La construction fut interrompue par la Iere guerre mondiale et par les soulévements d'apresguerre. La deuxieme étape de construction eut lieu dans les années 1920-1924. Nikiszowiec fut conçu comme une cité beaucoup plus grande, se composant de 9 quartiers de bâtiments de trois étages en général. Toutes les habitations étaient électrifiées, canalisées et avaient acces a l'eau courante. En plus des bâtiments résidentiels ont été construits une auberge, un bureau de poste, un bain public, une laverie avec une repasseuse et des bâtiments administratifs. On pensa également aux plus jeunes habitants du quartier en leur ouvrant une école maternelle dirigée par les soeurs de Sainte Hedwige et également deux écoles – pour les garçons et les jeunes filles. Les religieuses prenaient également soin des malades dans une baraque située a l'extérieur pour les maladies infectieuses. Dans le carré central, une église fut construite, et dans les arcades qui longent cette place plusieurs magasins étaient situés. ​
L'imposante église Sainte-Anne, qui peut accueillir 4000 fideles (et donc presque tous les habitants de Nikiszowiec), a été la derniere construction couronnant le projet des cousins Zillmann. Elle fut consacrée en 1927. Le bâtiment néo-baroque avec son dôme couronnant le toit visible de loin, est équipé d'objets tres précieux et originaux comme les Grandes-Orgues a 75 tuyaux réalisées par l'entreprise Rieger de Karniów, les vitraux de l'atelier Georg Schneider de Ratisbonne ainsi que le sublime lustre en bronze d'un diametre de 4,5 métres. ​

 
Parmi les investissements de la période d'entre deux guerres on devrait accorder une attention a l'imposant hôtel de ville – siege de l'administration locale de Janów, situé pres du puits Niskich (sous la République indépendante rebaptisé Poniatowski). Ce bâtiment alors tres contemporain décoré dans le style moderniste fut conçu par l'éminent architecte Tadeusz Michejda de Katowice. Cela vaut la peine de le regarder ainsi que d'autres réalisations en ville du meme architecte – nous vous invitons a vous promener sur la Route du Modernisme (Szlak Moderny ) recemment mise en place. Les détails de la cité en brique apparemment homogene sont enchanteurs et attirent les yeux par leurs parements en brique rouge, chaque entrée de cage d'escalier et chaque porte, chaque baie et bordure de fenetre a son propre modele unique. La finition des baies vitrées avec une peinture rouge miniere donne également un caractere original a ce lieu. 
Nikiszowiec et Nikiszowiec furent les témoins de l'histoire difficile et mouvementée de la Haute Silésie dans la premiere moitié du XXeme siecle. Pendant les deux guerres, l'ensemble de l'industrie fut destiné a la machine de guerre, et de nombreux mineurs furent appelés pour se battre. Leurs postes de travail devaient etre pris par des garçons de plus en plus jeunes, et également dans ce but étaient utilisés les prisonniers de guerre. Pendant la Premiere Guerre mondiale furent hospitalisés a Nikiszowiec des soldats allemands provenant du front oriental, ce qui conduisit a une épidémie de typhoide. Une période difficile pour les habitants fut le temps des soulevements de Silésie et le plébiscite. Lors du premier et du second soulevement, les résidents des deux cités, dont la majorité était polonaise, prirent les armes et se battirent avec l'organisation paramilitaire allemande Freikorps. Ils obtinrent un succes temporaire, pendant quelques jours Nikiszowiec était sous le contrôle des insurgés. Finalement ce territoire fut incorporé a la Pologne, ce qui entraîna l'exode d'une grande partie des habitants de nationalité allemande. 

 
Lorsqu'en 1926 toutes les usines polonaises de l'ancien groupe Giesche furent achetées par l'entreprise américaine Silesian – American Corporation, de nouveaux habitants vinrent a Giszowiec – cette fois-ci d'outre-atlantique. Spécialement pour eux, dans la partie sud de la cité (a l'emplacement de l'actuelle rue Górniczego Stanu) fut fondée une petite colonie de bureaux appelée la colonie américaine. Elle était constituée d'imposantes villas dans le style moderniste avec des éléments historiques, faisant fortement référence a l'architecture anglo-saxonne. Non loin de la colonie fut créé un terrain de golf – le premier en Silésie. Jusqu'a nos jours, les habitants les plus anciens se rapellent comment enfants, ils gagnaient de l'argent de poche en allant ramasser les balles pour les joueurs. 

 
​La seconde guerre mondiale a marqué la mémoire des habitants de Nikiszowiec, en plus des difficultés déja évoqués, il y eut l'incident douloureux de la réquisition pour les besoins de la Wehrmacht de quatre des cinq cloches de l'église Sainte-Anne. De plus les habitants de Giszowiec eurent le douteux honneur d'avoir comme 
voisin Fritz Bracht, gauleiter et dirigeant de la Haute-Silésie, qui résida dans la villa de l'ancien directeur du groupe Giesche, Anton Uthemann. L'apres-guerre apporta d'autres transformations. A Nikiszowiec furent démolis les porcheries et les fours a pains, qui avant occupaient le milieu de chaque quartier d'habitation. Cela n'était 
plus nécessaire puisque les habitants prenaient tous les produits alimentaires dans les magasins. A la place furent créés des espaces verts avec des aires de jeux pour les enfants.
Le charme extraordinaire du lieu, une sorte de genius loci agit non seulement sur les touristes visitant Nikiszowiec et Giszowiec, mais inspire également ses habitants. C'est la que nous avons eu affaire a l'un des phénomenes artistiques les plus intéressants de la deuxieme moitié du XXe siecle en Haute-Silésie. Un groupe de peintres amateurs, oeuvrant depuis les années 40, connus aujourd'hui sous le nom de groupe de Janów, a peint des tableaux exceptionnels, dans lesquels le quotidien de la cité miniere est melé a des éléments fantastiques et ésotériques.
Depuis 2001 fonctionne ici la plus grande galerie d'art privée en Pologne Le puits Wilson (presque 2500 m2 de surface d'exposition) localisé a l'intérieur de l'ancien puits de la mine Wieczorek (ancien Giesche) .La Galerie présente avant tout de l'art contemporain et a pour but principal de promouvoir de jeunes créateurs, pas encore connus dans des cercles plus larges.De plus y sont organisés de nombreux concerts, spectacles et autres​ actions artistiques. 
En étant a Giszowiec, il faut absolument visiter le salon de coiffure d'Iwona Płeszka, rue Pod Kaszta​nami, dans lequel il est possible d'admirer les tableaux d'Ewald Gawlik, appelé le „Van Gogh de Giszowiec". C'est le seul du groupe de peintres de Janów qui s'est pendant un certain temps formé plastiquement et qui de cette façon est entré en contact avec les grands courants artistiques contemporains. Dans ses oeuvres on peut y voir l'inspiration du peintre Vincent van Gogh. L'ancien propriétaire du salon, Ludwik Lubowiecki se lia d'ami avec Gawlik et lui acheta ses tableaux afin de le soutenir financierement. Une collection intéressante des tableaux de Gawlik est également exposé a la Galerie „Gawlikówka" .
L'histoire de Giszowiec a connu également ses heures sombres. Parmi celles-ci figure sans aucun doute la période des années 70 du XXeme siecle lorsque commença la destruction des anciens bâtiments de la cité pour y construire a la place des grands blocs en béton. Ces actions rencontrerent l'opposition d'architectes, historiens et des habitants de la cité eux memes, qui parvinrent a inscrire les bâtiments restant sur la liste du patrimoine en 1978. Malheureusment, ils ne parvinrent qu'a sauver 30% de la construction originelle. Peu de temps apres, Kazimierz Kutz tourna un film particulierement émouvant, intitulé „Paciorki jednego różańca” (Les grains d'un rosaire), qui raconte l'histoire d'un mineur retraité qui se bat pour sauver sa maison destinée a la démolition. 
Beaucoup de touristes visitant Nikiszowiec pour la premiere fois ont le sentiment d'y etre déja allé. Cette sorte de déja vu est lié au fait que le paysage de Nikiszowiec ont joué dans de nombreux films, dont l'action se passe en Haute-Silésie. Les plus connus d'entre eux sont "Perła w koronie" (La perle de la couronne) et "Sól ziemi czarnej" (Le sel de la terre noire) de Kazimierz Kutz, "Kolejność uczuć" (La succession de sentiments) avec Daniel Olbrychski et Maria Seweryn ou encore „Angelus” de Lech Majewski – ce dernier raconte l'histoire des peintres du Groupe de Janów. Nikiszowiec a servi également de décor pour de nombreuses productions musicales. 

 
En 2006, dans la région de Silésie fut créée la route du patrimoine industriel (www.zabytkitechniki.pl ) regroupant de nombreux sites industriels intéressants comme les mines, les brasseries, des installations techniques, des musées ayant traits a l'industrie et a la technique. Parmi eux se trouvent des sites historiques tout comme des usines encore en activité, dans lesquelles il est possible de voir le processus de production. Katowice peut 
se vanter de trois sites en Silésie, ce sont les cités de Giszowiec et Nikiszowiec ainsi que la Galerie d'art du Puits Wilson. Tous les trois font parti des destinations les plus populaires visitées par les touristes a Katowice. Depuis 2010, la route est associé au réseau des routes européennes du patrimoine industriel (ERIH), c'est la seule route de ce réseau en Europe centrale et orientale. ​
Répondant aux besoins du nombre croissant de touristes, et également des habitants, les autorités municipales ont réalisé ces dernieres années des investissements dans les infrastructures: rénovation de la patinoire Jantor, 
du bâtiment du musée, changement de la superficie des rues, et dans chaque bâtiment de Nikiszowiec l'installation du chauffage central, ce qui a significativement ammélioré la qualité de l'air dans le quartier.